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À Jérusalem-Est, Israël impose son programme scolaire et censure les manuels palestiniens

DATE

1 septembre 2026

LIEU

Jérusalem (Palestine )

PERSONNE/INSTITUTION VISÉE

Le programme scolaire palestinien ; les élèves palestiniens de Jérusalem-Est (environ 120 000)

DOMAINE

Enseignement secondaire, Enseignement élémentaire

RESPONSABLE DE L'INTERDICTION

Ministère israélien de l'Éducation ; municipalité israélienne de Jérusalem

À la rentrée 2026 - 2027, le programme scolaire israélien est devenu obligatoire pour toutes les nouvelles classes de première et de septième année des écoles municipales de Jérusalem-Est. Ces établissements relèvent de la municipalité israélienne de Jérusalem et du ministère israélien de l'Éducation. Pour la première fois depuis l'occupation et l'annexion de la ville en 1967, une annexion non reconnue par le droit international, des dizaines de milliers d'enfants palestiniens étudient selon le programme israélien. Selon le gouvernorat palestinien de Jérusalem, ils sont près de 45 000, soit environ 38 % des quelque 120 000 élèves palestiniens de Jérusalem-Est. Ils étaient 10 347 en 2020 - 2021, 19 402 en         2024 - 2025 et 27 041 en 2025 - 2026, et seulement quelques centaines il y a quinze ans.

Les autres élèves étudient toujours le programme palestinien, mais dans des manuels révisés par les autorités israéliennes avant leur approbation. Le ministre palestinien de l'Éducation, Amjad Barham, s'appuie sur des documents et des correspondances pour décrire ces modifications : suppression de l'hymne national dans un manuel de première année, retrait d'une page illustrant une prison et des noms de prisonniers en deuxième année, suppression du chant populaire « Ala Dalauna » et réécriture d'une leçon sur Jaffa en troisième année. En mathématiques, une mention du « mur de séparation et d'annexion » et une carte de la Palestine avec Jérusalem pour capitale auraient été supprimées. De la quatrième à la neuvième année, le terme « moudjahid » (combattant de la liberté) serait remplacé par « défenseur » et « prisonnier » par « l'opprimé ». Des contenus sur Jérusalem, la Nakba, la résistance, la colonisation et certains événements historiques seraient supprimés ou révisés au profit de thèmes sur la paix et la coexistence. Une étude de la chercheuse Samira Alian, de l'Université hébraïque de Jérusalem, portant sur 28 manuels de sciences sociales, confirme des modifications substantielles sur Jérusalem, l'identité palestinienne, le colonialisme, le sionisme et la Nakba. Dans un des manuels, des leçons entières d'histoire politique palestinienne ont été supprimées.

Le porte-parole du gouvernorat de Jérusalem, Ma'arouf al-Rifai, a dénoncé « une escalade dangereuse et sans précédent », la plus grave depuis 1967, et une politique systématique visant à substituer le récit israélien au programme palestinien. Selon l'analyste Esmat Mansour, ce processus est ancien. Les premières tentatives d'imposer le programme israélien après 1967 avaient été mises en échec par les parents et les enseignants. Le programme palestinien adopté après la création de l'Autorité palestinienne a ensuite été systématiquement révisé avant d'entrer dans les classes. Pour Imad Hawas, professeur d'arabe dans une école municipale d'Anata, les manuels deviennent ainsi des textes au titre palestinien mais au contenu différent.

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