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Annulation d’un colloque sur la Palestine au Collège de France, maintenu dans un cadre restreint

Annulation d’événement / conférenceProcédure judiciaire: oui en cours

DATE

9 novembre 2025

LIEU

Paris (France)

PERSONNE/INSTITUTION VISÉE

Leila Seurat et Salam Kawikibi (CAREP Paris) ; Henry Laurens et François Ceccaldi (Collège de France) ; les intervenant.es du colloque

DOMAINE

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RESPONSABLE DE L'INTERDICTION

Thomas Römer, administrateur du Collège de France (sous pression du Ministre de l'ESR, Philippe Baptiste)

Le  9 novembre 2025, le Collège de France a annulé le colloque « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines », initialement prévu les 13 et 14 novembre 2025, en invoquant un risque de trouble à l'ordre public. Pour justifier cette décision, l'établissement s'est notamment appuyé sur un article publié par Le Point, des graffitis visant plusieurs enseignants-chercheurs à proximité du Collège de France, ainsi que sur un contexte de controverses publiques autour de l'événement. 

Dans un courrier adressé à l'établissement, le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a indiqué ne pas disposer du pouvoir d'interdire un colloque universitaire, tout en saluant la décision prise par le Collège de France. Les organisateurs, dont Leila Seurat et Salam Kawakibi, ont contesté cette annulation, soutenus par plusieurs organisations, notamment le CAALAP et la Ligue des droits de l'Homme. Saisi en référé, le tribunal administratif de Paris a rejeté la demande de suspension, estimant qu'il n'existait pas d'atteinte grave et manifestement illégale aux libertés académiques justifiant une intervention en urgence.

Le colloque s'est finalement tenu dans les locaux du CAREP Paris avec une capacité d'accueil très limitée. 

Saisi pour examiner la légalité de l'annulation, le tribunal administratif a tenu une audience le 1er juillet 2026, au cours de laquelle le rapporteur public a conclu que la décision d'annulation du 9 novembre 2025 était disproportionnée. Il a estimé que le Collège de France aurait dû mettre en œuvre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité tout en permettant la tenue du colloque et a réaffirmé le principe de liberté académique, rappelant le droit des chercheurs à rendre publics leurs travaux, y compris lorsqu'ils s'inscrivent à rebours de certaines vérités académiques ou idées dominantes.

Le tribunal administratif rendra sa décision le 15 juillet 2026.

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