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Exclusion et retrait du visa de l'étudiant Usama Ghanem

refus de visa / expulsion du territoire, Renvoi de la fonction/emploi, pression / sanction disciplinaireProcédure judiciaire: non

DATE

28 novembre 2025

LIEU

Londres (Royaume-Uni)

PERSONNE/INSTITUTION VISÉE

Usama Ghanem, ressortissant égyptien, étudiant en relations internationales

DOMAINE

Université, Etudes supérieures

RESPONSABLE DE L'INTERDICTION

King's College London (commission disciplinaire / administration universitaire)

Usama Ghanem, un Égyptien de 22 ans inscrit en licence de relations internationales au King's College de Londres, a été suspendu pour une durée indéterminée par la direction de l'établissement en mai 2025, à la suite de trois procédures disciplinaires liées à sa participation à des manifestations pro-palestiniennes. Ces trois incidents concernaient la perturbation d’un dîner d’anciens élèves en juin 2024, une manifestation contre une conférence donnée par un intervenant iranien pro-israélien en février 2025, et une manifestation en faveur du désinvestissement lors de la London Defence Conference en mai 2025. Le responsable de la sécurité du KCL l’a également accusé d’avoir été l’un des principaux organisateurs du campement sur le campus, ce que Ghanem nie.

Cette suspension a eu des conséquences d’immigration. Les responsables de l’université ont demandé par écrit à Ghanem de retourner dans son pays d’origine dans l’attente d’un réexamen de la suspension en août, et le KCL a retiré son parrainage pour le visa. Le ministère de l’Intérieur a émis un avis officiel d’annulation de visa le 28 novembre 2025, lui accordant 60 jours pour quitter le territoire (date limite fixée au 27 janvier 2026). Ghanem ne dispose d'aucun statut légal dans un pays tiers, ce qui rend probable son renvoi vers l’Égypte. Il affirme qu’en 2020, à l’âge de 16 ans, il a été détenu avec son frère et son père et qu’il a été battu, électrocuté et privé de nourriture ; il souffre d’un syndrome de stress post-traumatique (SSPT), et sa plainte contre le KCL invoque des violations des droits de l’homme, des agressions, des dommages corporels, de la discrimination et du harcèlement.

Les avocats de Ghanem indiquent que le KCL a pris des mesures disciplinaires à l’encontre de 28 étudiants au total pour leur militantisme pro-palestinien, et que des centaines de membres du personnel et d’étudiants ont apporté leur soutien à sa cause ; plus de 40 universitaires du King’s Race Research Network ont écrit à la direction en novembre 2025 pour l’accuser de racisme institutionnel.

Le Comité BRISMES sur la liberté académique a adressé une lettre aux professeurs Kapur, Fagan et Berkhout au sujet de cette affaire. La lettre affirme que, bien que l’université soit légalement tenue de signaler au ministère de l’Intérieur les suspensions d’étudiants internationaux dépassant 60 jours, la décision de suspendre et la durée de la suspension relèvent entièrement du pouvoir discrétionnaire de l’université, et que le devoir de diligence de KCL l’oblige à prendre en compte les antécédents de Ghanem et les conséquences de son retour. Elle replace cette affaire dans le contexte des restrictions avérées à la liberté d’expression, de réunion et de manifestation sur les campus britanniques concernant la Palestine, en citant le Rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de réunion pacifique et d’association, et appelle le KCL à reconsidérer la suspension, à revoir ses politiques disciplinaires et en matière de manifestation, et à permettre à Ghanem de poursuivre ses études en toute sécurité au Royaume-Uni.

LIENS EXTERNES ET TÉMOIGNAGES

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