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Jawaharlal Nehru University annule trois séminaires avec les ambassadeurs iranien, palestinien et libanais

Annulation d’événement / conférenceProcédure judiciaire: non

DATE

24 octobre 2024

LIEU

New Delhi (Inde )

PERSONNE/INSTITUTION VISÉE

Iraj Elahi, ambassadeur d'Iran ; Adnan Abu Al-Haija, ambassadeur de Palestine ; Rabie Narsh, ambassadeur du Liban ; le Centre for West Asian Studies et ses étudiants

DOMAINE

Université, Recherche, Etudes supérieures

RESPONSABLE DE L'INTERDICTION

Direction de la JNU / School of International Studies ; le doyen Amitabh Mattoo ; la présidente du Centre, Sameena Hameed

Le jeudi 24 octobre 2024, l'université Jawaharlal Nehru (JNU) de New Delhi a renoncé à trois séminaires consacrés au conflit en Asie occidentale, chacun devant être animé par un chef de mission différent : l'ambassadeur d'Iran en Inde, Iraj Elahi, l'ambassadeur de Palestine, Adnan Abu Al-Haija, et l'ambassadeur du Liban, Rabie Narsh. Les rencontres avaient été organisées par le Centre for West Asian Studies, rattaché à la School of International Studies (SIS), et le motif avancé était celui de « circonstances inévitables ».

Elahi devait s'exprimer le matin même à 11 heures sur la lecture iranienne des évolutions récentes dans la région. À 8 h 09, la coordinatrice du séminaire, Sima Baidya, a écrit aux étudiants pour annoncer l'annulation, le même message indiquant que l'intervention de l'ambassadeur palestinien prévue le 7 novembre et celle de l'ambassadeur libanais le 14 novembre n'auraient pas lieu non plus. Des sources aux ambassades d'Iran et du Liban ont déclaré à l'Indian Express que la décision venait de l'université et qu'aucune raison ne leur avait été communiquée. L'ambassade de Palestine n'a pas répondu aux sollicitations.

Selon des sources universitaires citées par la presse, des enseignants avaient fait part de leur inquiétude quant à d'éventuelles manifestations sur le campus, compte tenu du caractère clivant des sujets retenus. L'une d'elles rappelait que l'objet de tels séminaires est de comprendre la manière dont les États d'Asie occidentale perçoivent la conjoncture géopolitique, tout en reconnaissant que les réactions du campus posaient problème. Le même jour, le doyen de la SIS, Amitabh Mattoo, a adressé un message aux responsables de tous les centres de l'école leur demandant de le consulter avant d'inviter un diplomate à un événement public, de faire passer par eux toute initiative individuelle d'enseignant, et de veiller au protocole dû aux visites d'ambassadeurs. Il décrivait un climat international tendu où les sensibilités s'enflamment aisément, et présentait cette consigne comme protégeant à la fois la tradition de liberté académique de l'école et l'intégrité de ses tribunes face à des intérêts extérieurs.

Mattoo a renvoyé les demandes de commentaire vers Sameena Hameed, présidente du Centre for West Asian Studies. Celle-ci a livré une version plus restreinte : le séminaire de l'ambassadeur iranien aurait été reporté et non annulé, au motif qu'il avait été monté à la dernière minute et que le Centre n'était pas en mesure de respecter les protocoles requis pour recevoir un ambassadeur ; quant aux deux interventions de novembre, elles n'auraient jamais été officiellement inscrites au programme du Centre. Elle évoque une possible erreur de communication et souligne que ces ambassadeurs entretiennent des liens anciens avec l'université et continueront d'y venir échanger avec les étudiants. La JNU a par la suite démenti avoir agi sous une quelconque pression extérieure, affirmant qu'aucun séminaire sur l'Asie occidentale n'avait été annulé et qu'un seul événement avait été reporté.

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