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La Floride ordonne la dissolution des sections de Students for Justice in Palestine dans ses universités publiques

Autre, pression / sanction disciplinaireProcédure judiciaire: oui, clos

DATE

24 octobre 2023

LIEU

Tampa (États-Unis d)

PERSONNE/INSTITUTION VISÉE

Sections de Students for Justice in Palestine de l'Université de Floride et de l'Université de Floride du Sud

DOMAINE

Université

RESPONSABLE DE L'INTERDICTION

Chancelier du système universitaire de Floride Ray Rodrigues, en consultation avec le gouverneur Ron DeSantis

Le 24 octobre 2023, Ray Rodrigues, chancelier du système universitaire public de Floride, a adressé un mémorandum aux présidents des universités de l'État. Il leur ordonnait de désactiver les sections de l'association étudiante Students for Justice in Palestine (SJP) présentes sur leurs campus. Seules deux universités publiques en comptaient : l'Université de Floride (UF) et l'Université de Floride du Sud (USF). Selon le document, cette directive était prise « en consultation avec le gouverneur Ron DeSantis ». Elle accusait les sections d'avoir enfreint la loi floridienne sur le soutien matériel au terrorisme. Cette accusation reposait uniquement sur une « boîte à outils » diffusée après le 7 octobre par l'organisation nationale National Students for Justice in Palestine (NSJP), dont les sections locales se déclarent indépendantes.

Lors d'un débat des primaires républicaines le 8 novembre, Ron DeSantis a affirmé avoir « désactivé » ces groupes, les accusant de faire « cause commune avec le Hamas » et assurant que l'argent public ne financerait pas « le djihad ». Le lendemain, devant le conseil des gouverneurs du système universitaire, Rodrigues a reconnu que les deux sections étaient toujours actives. Leurs statuts précisaient qu'elles n'étaient pas subordonnées à l'organisation nationale. Les deux universités avaient en outre obtenu des avis juridiques qui mettaient en garde contre la responsabilité personnelle des responsables qui appliqueraient l'ordre. Rodrigues a annoncé que les sections devraient signer une déclaration dans laquelle elles rejetteraient la violence, nieraient appartenir au mouvement Hamas et s'engageraient à respecter la loi. Le porte-parole du gouverneur a qualifié de « répréhensible » l'attitude d'administrateurs universitaires accusés de dresser des « obstacles bureaucratiques ».

L'organisation FIRE a dénoncé une menace « dangereuse et inconstitutionnelle » contre la liberté d'expression. Elle a estimé qu'exiger des étudiants qu'ils renient publiquement certaines positions revenait à leur imposer un discours contraire au Premier amendement. Le 16 novembre 2023, la section de l'Université de Floride, représentée par l'ACLU, l'ACLU de Floride et Palestine Legal, a saisi la justice fédérale pour bloquer l'ordre. Le 31 janvier 2024, le tribunal fédéral du district nord de Floride a rejeté la demande d'injonction et a ensuite classé l'affaire. Il a estimé que les autorités n'avaient plus l'intention de dissoudre les sections, compte tenu des déclarations publiques du chancelier. Le juge a toutefois relevé que les membres du groupe pouvaient légitimement s'inquiéter d'être qualifiés à plusieurs reprises de « terroristes » par le gouverneur. L'ACLU a demandé le retrait formel de l'ordre, toujours publié sur le site du chancelier.

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