Michelle Pace, professeure maltaise perd son poste à l'Université de Roskilde en raison de ses positions sur Gaza
DATE
LIEU
PERSONNE/INSTITUTION VISÉE
Michelle Pace (professeure, spécialiste UE–Moyen-Orient et migrations)
DOMAINE
RESPONSABLE DE L'INTERDICTION
Direction de l'Université de Roskilde (RUC)
Michelle Pace, professeure maltaise spécialiste des relations entre l'Union européenne et le Moyen-Orient, des migrations et de la démocratie, a été licenciée en décembre 2025 par l'Université de Roskilde (RUC), université publique danoise proche de Copenhague où elle enseignait depuis douze ans. Elle a rendu l'affaire publique en octobre 2026, à la suite d'une enquête du quotidien danois Politiken parue le 4 octobre. Elle affirme avoir été écartée en raison de ses prises de position publiques sur la guerre à Gaza, qu'elle qualifie de génocide, et sur la politique migratoire danoise, à laquelle elle a consacré un livre, Unwelcome to Denmark, publié le mois même de son licenciement. Elle indique avoir été informée par courriel, sans avertissement préalable, et entendue dès le lendemain. Elle rappelle avoir été élue deux années de suite enseignante de l'année.
L'université rejette toute motivation politique. Elle invoque des difficultés de coopération prolongées et un « comportement inacceptable » envers ses collègues, notamment l'envoi massif de courriels sur Gaza. La directrice adjointe des ressources humaines, Miriam Skjalm Lissner, affirme que ces problèmes n'ont pas pu être résolus malgré des réunions et des mesures organisationnelles répétées. Michelle Pace qualifie ces accusations de « fausses et fabriquées ». Elle reconnaît une seule erreur : en novembre 2025, elle avait diffusé sur la plateforme interne une invitation présentant à tort un événement de solidarité avec Gaza comme organisé par l'université, erreur corrigée aussitôt. Selon Politiken, des courriels internes suggèrent que l'administration cherchait des éléments pour justifier son renvoi. Un responsable demandait ce qui pouvait être fait de courriels contenant des vidéos de Gaza envoyés à une collègue, et un autre répondait : « Je ne pense pas que ce soit suffisant ? ».
Michelle Pace a finalement signé un accord de départ prévoyant cinq mois de salaire en plus des six mois de préavis légal. L'université soutient que cet accord était volontaire, tandis que Pace affirme l'avoir accepté sur conseil, pour préserver sa santé et sa famille. L'avocat en droit du travail Michael Møller Nielsen a jugé la procédure mal conduite et s'est interrogé sur les garanties dont elle a bénéficié. Selon Politiken, l'affaire s'inscrit dans un climat tendu à la RUC, ciblée par des responsables politiques de premier plan, où des employés disent craindre d'aborder le conflit israélo-palestinien. Le parti Enhedslisten a demandé des explications au gouvernement, et l'eurodéputé maltais David Casa a jugé les allégations « profondément préoccupantes ».