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Sciences Po Strasbourg met fin à son partenariat avec l'université Reichman, au terme d'une mobilisation étudiante

violences policières, pression / sanction disciplinaire, Annulation d’événement / conférenceProcédure judiciaire: non

DATE

22 juin 2026

LIEU

Strasbourg (France)

PERSONNE/INSTITUTION VISÉE

Étudiants mobilisés et Comité Palestine de Sciences Po Strasbourg ; élus étudiants au conseil d'administration

DOMAINE

Etudes supérieures, Recherche, association, syndicat étudiant

RESPONSABLE DE L'INTERDICTION

Direction de l'IEP de Strasbourg; le ministre de l'Enseignement supérieur; le ministre des Affaires étrangères

En juin 2026, l'Institut d'études politiques (IEP) de Strasbourg a laissé expirer sans le renouveler le partenariat qu'il entretenait de longue date avec l'université Reichman de Tel-Aviv. Cette issue fait suite à des années de mobilisation des étudiants réunis au sein du Comité Palestine de l'établissement, et a été saluée comme une victoire par la Campagne BDS France, qui qualifie Reichman d'université complice du génocide à Gaza et rappelle qu'elle a accueilli l'ancien ministre israélien de la Défense Yoav Gallant alors qu'il fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale depuis novembre 2024. Les opposants au partenariat soulignent les liens financiers et idéologiques que les universités israéliennes entretiennent avec l'armée, ainsi que le rôle de Reichman dans la communication d'État : cellules d'activisme pro-israélien en ligne et cycles de conférences réunissant de hauts responsables politiques et militaires israéliens, soutenus par des industriels de l'armement comme Elbit, IAI, Boeing, Raytheon et Lockheed Martin.

C'est l'enchaînement des faits qui rend ce dossier notable. En juin 2024, des élus étudiants au conseil d'administration ont soumis au vote une motion demandant la suspension du partenariat, et le conseil s'est prononcé en sa faveur. La motion n'emportait aucune portée administrative en elle-même, mais la publication du résultat en octobre suivant a déclenché un tollé médiatique, largement relayé par la fachosphère, jusqu'à susciter des commentaires du ministre de l'Enseignement supérieur et de celui des Affaires étrangères. Sous cette pression, le directeur de l'IEP a convoqué un conseil d'administration exceptionnel pour faire annuler le vote. Le geste a choqué au sein de l'établissement : enseignants et étudiants, favorables ou non au partenariat, y ont collectivement dénoncé un déni de démocratie.

Trois mois de blocage ont suivi. Un étudiant interrogé sous pseudonyme par l'Agence Média Palestine décrit des phases où la mobilisation était presque invisible, les cours ayant basculé en distanciel, et d'autres où de graves violences policières lui ont donné une forte visibilité et un large soutien, avec parfois jusqu'à 150 personnes sur le blocage. Il raconte que la direction envoyait la police chaque matin et que la normalisation des cours à distance isolait les mobilisés. Épuisés, ils ont négocié un accord avec la direction : l'élection d'un comité interne composé d'enseignants et d'étudiants chargé d'examiner le partenariat. Le comité a auditionné des spécialistes et consulté des études plusieurs heures par jour pendant deux semaines, pour conclure à la nécessité d'une suspension. Malgré l'engagement de la direction à suivre ces recommandations, le conseil d'administration a choisi de les ignorer et de maintenir le partenariat. Deux nouvelles semaines de blocage ont suivi avant la fermeture du campus pour les examens et la fin de l'année universitaire, vécue comme une défaite.

À la rentrée suivante, le directeur a annoncé en assemblée générale que le partenariat touchait à sa fin et ne serait pas renouvelé, demandant aux étudiants de cesser de communiquer sur le sujet et présentant la chose comme acquise et presque secondaire. Les mobilisés ont accepté cet accord tacite et fait profil bas, se tournant vers d'autres mobilisations, dont le soutien à la flottille pour Gaza et l'opposition à la loi Yadan. Le partenariat a pris fin en juin, dans le silence de la direction. Les étudiants contestent l'idée, suggérée par la direction, que leur campagne n'y serait pour rien. Ils soulignent aussi que cette victoire n'est pas la leur seule : des étudiants de l'Université de Strasbourg, dont dépend l'IEP, sont venus sur l'occupation et ont apporté un soutien logistique et politique, aux côtés d'associations locales, de syndicats étudiants et d'élus dont la présence sur le blocage a fait écran à certaines violences policières.

Le Comité Palestine considère ce non-renouvellement comme une étape et non un aboutissement. D'autres partenariats de recherche avec des universités israéliennes subsistent, et de nouveaux pourraient être signés. Le collectif milite désormais pour la création d'un comité éthique chargé d'évaluer les partenariats au regard de critères tels que le respect des droits humains et l'absence de lien avec un gouvernement accusé de génocide ou avec un financeur corrompu.

LIENS EXTERNES ET TÉMOIGNAGES

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