SOAS exclut Haya Adam, présidente de la Palestine Society, pour une vidéo critiquant une élue étudiante
DATE
LIEU
PERSONNE/INSTITUTION VISÉE
Haya Adam
DOMAINE
RESPONSABLE DE L'INTERDICTION
SOAS University of London; direction sous la vice-chancellerie d'Adam Habib
Haya Adam, étudiante britannique d'origine égyptienne en droit et relations internationales, entrée à SOAS (University of London) en septembre 2023, présidente de la SOAS Palestine Society et figure du campement « Liberated Zone », a été exclue définitivement de l'université en août 2025: l'un des premiers cas de ce type au Royaume-Uni.
Le motif retenu par le conseil de discipline est une infraction au code de conduite (harcèlement, comportement abusif, obstruction opérationnelle), liée à une vidéo publiée le 16 janvier 2025 sur le compte Instagram du campement. Adam y critiquait une co-présidente du syndicat étudiant, Safia Shaikh, qu'elle qualifiait de « carriériste » et accusait d'avoir servi l'oppression institutionnelle. Shaikh a pourtant déclaré publiquement, lors d'un débat syndical en février 2025, qu'elle ne considérait pas cette vidéo comme du harcèlement.
L'exclusion intervient après une suspension indéfinie d'un an, prononcée en juillet 2024 pour un prétendu harcèlement envers le vice-chancelier Adam Habib. En octobre 2024, l'University of London avait par ailleurs obtenu une injonction de la High Court contraignant Adam et deux autres étudiants à solliciter une autorisation préalable avant toute manifestation sur le domaine universitaire. Le campement s'est depuis replié sur les trottoirs, en dehors de l'enceinte.
L'appel d'Adam a été rejeté ; elle ne peut plus achever son cursus et envisage une action en justice.
SOAS conteste toute sanction fondée sur les opinions ou les mobilisations pro-palestiniennes, affirmant ne discipliner que des faits de vandalisme, de perturbation d'examens ou de menaces contre le personnel, et met en avant la tenue de nombreux événements et manifestations sur son campus.
La décision a suscité une réaction large avec une pétition de 97 universitaires réclamant sa réintégration et la déclaration du Comité pour la liberté académique de la BRISMES le 10 septembre 2025. Ce dernier juge la sanction disproportionnée au regard des faits reprochés, rappelle que le harcèlement au sens du droit britannique (Equality Act 2010, Protection from Harassment Act 1997) suppose une atteinte liée à une caractéristique protégée ou une conduite répétée causant détresse, et estime que la critique politique d'élus relève du débat démocratique.